-« L'histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. » Boris VianPrologue-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

-« L'histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. » Boris VianPrologue-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com
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« Il y a toujours un commencement là où tout est finis. »


Bill & Julia peut-être le début d'une histoire ? À moins que ce ne soit la fin.



_______Mon choix est pris. Mon destin tracé. Je n'ai plus aucune raison qui ne me retienne encore. Je repasse certaines images de ma vie, qui en valent la peine. Son beau visage revenait sans cesse comme s'il occupait tout mon esprit. Il était, est et restera mon meilleur souvenir. Ne plus revoir son visage angélique, son sourire radieux, son rire aux intonations mélodiques me ferait peut-être reprocher mon geste ?
_______Un océan de regrets m'envahit dont les vagues se heurtaient violemment contre mon c½ur. Du haut de mon perchoir j'observais les vergers en fleurs de ce beau mois de printemps.

_______À présent je ne les verrais plus. Plus jamais.



« Offre moi ce dernier souffle, je t'en supplie. »


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Dans ma fiction Tokio Hotel n'existe pas encore ou du moins n'est pas encore connu.




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------------------------------------------------------------------------------------------------Viens me noter !


Et j'ai l'honneur de vous présenter :: Retiens-la-nuit !

# Posté le lundi 17 novembre 2008 12:00

Modifié le jeudi 27 août 2009 07:18

-« L'amour vient au détour du chemin sans que l'on s'y attende. » Nadège Langhendries.-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

-« L'amour vient au détour du chemin sans que l'on s'y attende. » Nadège Langhendries.-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

_______Je montais dans la voiture qui serait ma prison pour quelques heures. Ma mère tourna la clef et le moteur se mit à rugir férocement. Le paysage commençait à défiler quand je jetais un dernier coup d'½il en arrière. Un regard de détresse. Une larme roula sur ma joue tandis que mes yeux se bloquèrent sur les immeubles centenaires de Berlin qui apparaissaient les uns après les autres. Au bout d'un long instant, une éternité, les habitations de la ville était loin derrière nous. D'immenses étendues verdâtres parsemées de quelques fleurs se dessinaient.
_______Ma mère me regarda tristement avant de se reconcentrer sur la route.

« Je sais très bien que tu n'étais pas d'accord pour déménager. Mais c'est mon travail, finit-elle par se justifier. »

_______Son travail ? Ou plutôt sa vie, tout passer après son fameux travail même sa propre famille. Ce qui avait le don de m'exaspérer. Est-ce qu'elle m'avait demandé ce que je ressentais une seule fois à propos de ce départ ? Non, jamais. Elle n'avait pas besoin de se justifier ce déménagement est mon pire cauchemar. J'avais tout quitté, je dis bien tout, pour son soi-disant travail. Le prix n'en valait pas la chandelle, n'est-ce pas ? Pour aller où ? Dans un insignifiant village qui comporter à peine quatre-cents habitants. Je serais sûrement la seule personne de jeune, là bas, du haut de mes dix-neuf ans. Cette pensée me terrifia quelque peu. Je resterais vieille fille toute ma vie, c'est sûr. Mon prince charmant ne viendra jamais me passer la bague au doigt.
_______Tant pis, après tout le prince charmant ça n'existe pas.

Et zut !

_______Moi qui cherchait l'amour. Quoi que... L'amour est un mot qui n'existe que pour les contes de fées. Je n'avais encore aimé aucun homme, je croyais petite-fille que j'aurais le temps, résultat j'ai dix-neuf ans.
_______Pourquoi aucun homme n'avait encore attirer mon attention ? Bonne question, sans réponse. Je veux d'un homme attentionné, gentil, souriant, serviable, sensible. Autant dire P.A.R.F.A.I.T. Malheureusement la perfection est irréelle, c'est juste l'illusion d'un rêve. Je ne dis pas que les hommes ont la tache facile, on n'est pas plus parfaites qu'eux.
_______D'autres s'essayent à trouver l'âme-soeur sur Internet ou en passant des petites annonces dans le journal. Moi je me répète que l'amour d'une vie se rencontre au moment où l'on s'y attend le moins... Et si l'amour n'existait pas ? Et s'il ne se présentait pas ? Bon ça ne coûte rien d'essayer, après tout.

« Je m'appelle Julia, j'ai dix-neuf ans. Je suis célibataire. »



# Posté le mardi 18 novembre 2008 13:29

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 15:04

-« Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que qu'on n'a pas. » Maurice Maerterlinck.-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

-« Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que qu'on n'a pas. » Maurice Maerterlinck.-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

_______Le bruit d'une brise légère résonnait au loin. Je fronçais les sourcils, essayant d'identifier l'écho. J'ouvrais les yeux et les refermaient aussitôt à cause de la trop grande clarté du jour bien que se fut la tombé du soleil. J'émergeais peu à peu de mon sommeil profond. Derechef, j'essayais de situer les évènements. J'étais dans la misérable voiture que m'emmenait vers mon destin.
_______J'aurais préféré rester dans le coma. Triste ironie.
_______Cette éclipse à la vie réelle m'avait fait un bien indescriptible. L'escapade que je m'étais accorder m'avait permis de m'envoler, de m'échapper de la fatalité ne serait-ce que quelques heures, quelques minutes, quelques de secondes.
_______Le temps m'avait parut si long et si court à la fois.

_______Je ne savais pas combien de temps j'avais voyager au pays de Morphée.

« J'ai dormis longtemps ? demandais-je, la voix encore fluette.
_-- Cinq heures, me répondit-elle en regardant l'horloge digitale du tableau de bord. »


_______Cinq heures ? Sûrement les heures perdues de ma nuit blanche d'hier soir. Je tournais la tête et regardais le vent agiter les feuilles des arbres. L'environnement avait changé, il n'était plus le même qu'à Berlin où le bitume et le ciment étaient les seuls maître à bord. Ici, tout était si rural, si campagnard, si pittoresque... Si paumé !
_______J'étais sortie de mon rêve et pourtant un village se profilait au loin tel un grain de sable dans un désert. Un insignifiant petit village, reculé de tout, au milieu des champs.
_______Si je ne me réveille pas que quelqu'un me pince.

L'horreur !
Que je connais trop déjà...

_______Pour seule consolation, j'espère, si je peux encore le faire, que l'on aura une grande maison et pas un minable petit taudis. Plutôt rêver !
_______Plus la voiture avalait les kilomètres plus je touchais du bout des doigts ma nouvelle vie.

Loitsche, Loitsche, Loitsche.

_______Ou le nom de mon cauchemar. Le nom du kidnappeur de ma chère et tendre capitale, où je suis née, où j'ai grandis mais malheureusement je ne mourais pas là bas. C'est cruel voir sadique.
_______Peut-être que les gens auront un peu, juste un zeste, de compassion ? Qui sait... Ils me donneront peut-être de l'argent tellement ils auront de la pitié à mon égard ? Non, les gens aiment trop l'or. D'ailleurs je n'ai jamais compris pourquoi le monde s'attache aux biens précieux, aux biens matériels. L'amour, cela ne leur suffit pas ? L'orgueil détruit ce qui leur reste d'amour. Pauvre monde.
_______Je suis une fille à plaindre.

« Vous me plaindrez, quand vous aurez le temps. »


# Posté le dimanche 23 novembre 2008 14:26

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 15:01

- « Quand le ciel veut sauver un homme, il lui donne l'affection pour le protéger. » Lao-Tseu. - Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

- « Quand le ciel veut sauver un homme, il lui donne l'affection pour le protéger. » Lao-Tseu. - Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

_______ La voiture dépassait maintenant le panneau communale, inscrit en lettre grossière : Loitsche. Des vergers entouraient la misérable petite ville. Une colline surplombait le tout, le panorama devait être magnifique là haut. S'il y a quelque chose de magnifique ici. J'irais peut-être. Je suis tellement imprévisible.
_______ Le véhicule s'arrêta devant une charmante petite maisonnette avec un joli petit parvis fleuri.

« Alors, ça te plaît ? demanda nerveusement ma mère.
_-- Je pense que je pourrais m'y faire, dis-je en esquissant un léger sourire.
_-- Contente que ça te plaise. Elle ébouriffa mes cheveux. »


_______ Je n'aimais guère que l'on touche à mes cheveux. J'étais un peu maniaque, à vrai dire. L'un de mes nombreux défauts d'ailleurs. J'ai tous les défauts du monde, jusqu'au dernier. Incroyable non ? Je le dirais à quelqu'un, il ne me croirait pas. À moins qu'il soit intelligent.

« On a plus qu'à attendre le camion des déménageurs... soupira-t-elle »


_______ Un camion qui au passage lui avait coûtait une fortune et qui n'ait pas capable d'être à l'heure. Les gens ne sont pas sérieux de nos jours.
_______ Un bruit assourdissant résonna, au coin de la rue, un camion noir déboula. Il s'arrêta dans un crissement de pneus. Les camionneurs avancèrent vers notre petite automobile. Ma mère descendit de l'habitacle.
_______ Un homme d'une soixantaine d'années, bien en chair, s'adressa à ma génitrice en faisant de grands gestes. Je l'entendais mais ne voulait pas saisir ce qu'il disait. Cela me passait vraiment par dessus la tête.
_______ Je détournai mon regard vers les rues de Loitsche, vides. Au moins les critiques ne fuseraient pas, je n'aime pas vraiment passer pour une bourgeoise.
Ma mère revint vers la voiture, énervée apparemment.

« Ils nous laissent tous les meubles sur le trottoirs, dit-elle en essayant de garder son sang froid.
_-- Mais pourquoi ? m'étonnais-je.
_-- Un autre déménagement en urgence, soupira-t-elle une nouvelle fois. »


_______ J'ai l'air d'un déménageur ? Je ne suis pas musclée, je suis maigre et petite. Quand je dis que j'ai tous les défauts de la terre... Le gros camion noir partit en trombe.
_______ Décidemment j'ai beaucoup de chance.

J'ai de l'humour...

« Tu devrais aller faire un tour. Je vais demander au voisin de m'aider, espérons qu'il accepte. Elle m'adressa un clin d'½il.
_-- D'accord, acquiessais-je. »


_______ À quoi bon protester ? Je m'échappais du rangement fatidique. Autant dire une chance.
Je marchais sur l'asphalte, histoire de me dégourdir les jambes. L'air était frais, j'avais froid. Qu'importe au point où j'en suis. Je marchais sans savoir où aller, j'étais frigorifiée et alors ? Je continuais ma route. Je restais là, pensive. Je levais la tête pour regarder le ciel. Des nuages gris avançaient vers moi, comme ils étaient venus juste pour m'apporter du malheur.
_______ Je repensais soudain à l'endroit qui m'avait le plus frappé en venant ici. Je courais, lentement mais je courais. Je fixais le sommet, si loin. J'empruntais un chemin de traverse. Je manquais de trébucher. J'arrivais, au bout d'une éternité, essoufflée au sommet.
_______ Le décor était grandiose. Les vergers, en bas, s'accordaient dans une symbiose parfaite. Les feuilles des arbres, oranges et jaunes, rendaient tout cela vraiment magnifique. Les couleurs se mélangeaient merveilleusement bien. Je suis tombée amoureuse de cet endroit. Je m'allongeais dans l'herbe humide, je regardais le ciel, immense. Je cherchais ma bonne étoile, je ne la trouvais pas. Juste un bloc de nuage menaçant. Une goutte de pluie tomba sur mon visage. Je l'essuyais avec ma main. Je me levais, admirant une dernière fois encore le paysage...
_______ La pluie tombait, comme si elle s'acharnait sur moi. Mes cheveux étaient trempés, mon visage de même, mes vêtements aussi.

Je déteste la pluie !

_______ Je ne voulais pourtant pas partir, pas maintenant. Je rennonçais tout de même à rester quand la pluie redoubla. Je faisais exactement le même chemin en sens inverse. Je tremblais de froid. Je pressais le pas. Après de longues minutes, j'apercevais enfin la porte de ma nouvelle maison. Je frappais à la porte. Ma mère ouvrit, surprise.

« Qu'es ce que tu as fais ? demanda-t-elle.
_-- Rien, je suis partie dans le village et je me suis faite surprendre par la pluie, me justifiais-je en rentrant. »


_______ La première fois que je mettais les pieds, à l'intérieur. Je traversais un grand hall pour atterrir dans le salon. Un salon immense, il faut l'avouer. La cuisine était à droite du salon, elle aussi spacieuse. J'enjambais les cartons. Au fond du séjour, un petit escalier en bois menait à l'étage supérieur. Je montais. J'atterris dans un couloir. J'ouvrais la première porte, je tombais sur la salle de bain dont les murs bleus et le carrelage blanc lui donnait un certain charme. Je me précipitais sur la deuxième porte, ma chambre. Je pénétrais dans la pièce, je scrutais chaque paroi de la chambre. Elle n'était pas très grande mais cela me suffisait largement. Je ne suis pas difficile. La tapisserie était orangée, les rideaux bleutés. Le parquet était d'un marron très clair. J'ouvrais tous les cartons cherchant celui qui détenait mes affaires. Je sortais un vieux jean et une chemise blanche. Je me précipitais dans la salle de bain. J'entrais dans la minuscule petite douche. Je me lavais très rapidement. Je me séchais à la va-vite. Je m'habillais. Je laissais mes vêtements mouillés sur le sol.
_______ Tout à coup, la poignée de la porte se tourna. Je sursautais stupidement. La tête de ma mère apparut derrière la porte.

« On va dîner chez les voisins ce soir, il nous a si gentiment invité, s'excita-t-elle.
_-- Super... Je suis très enthousiaste, lâchais-je essayant de cacher ma fausse joie.
_-- Il a un fils, un grand brun, charmant, ricana-t-elle. »


_______ Elle parlait de notre voisin avec les yeux pétillants. L'amour rend aveugle. À mon tour de ricaner.
_______ Elle croit me marier au fils de son futur amant ? Charmant ? Peut-être mais je ne le connais pas. Pas encore.
_______ Elle ferma brusquement la porte. Je n'avais pas envie d'y aller. Je n'aimais guère être inviter chez des personnes que je ne connaissais pas.

[ . . . ]

___________ Une heure plus tard.

« Dépêche-toi ! On va être en retard ! me cria-t-elle du salon.
_-- J'arrive ! répondis-je aussi fort. »


_______ Je vérifiais une dernière fois ma coiffure. J'avais coiffé mes cheveux blonds vénitiens en queue-de-cheval.
_______ Je dévalais les escaliers. J'atterrissais dans le salon où une forêt de cartons y était empilé. Ma mère attendait patiemment sur le palier.
_______ Nous traversâmes un bout de rue, avant d'arriver devant une porte bleue. D'un doigt, elle pressa le bouton de la sonnette. La porte d'entrée s'entrouvit. Un grand jeune homme, brun, souriant, nous invita à entrer.

« Au secours ! »



# Posté le samedi 29 novembre 2008 10:12

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 15:03

- « Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. » Pierre de Beaumarchais.- Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

- « Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. » Pierre de Beaumarchais.- Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

_______ Ma mère m'emboîta le pas, je la suivais. L'intérieur était chaleureux, tout était fait en bois d'érable. Un homme très grand, fit son apparition, tout souriant. Ses cheveux noirs corbeau, rasés de très près lui donnait un air de chef de la police locale. Des rides se dessinaient au coin de ses lèvres et de ses yeux marron clairs.

« J'espère, Lena, que tu aimes les boîtes de conserve ? interrogeât-il ma mère en souriant.
_-- Ne t'inquiètes pas, le rassura ma mère.
_-- Et ça doit être Julia ! s'exclama-t-il en me reluquant.
_-- Bonjour ! dis-je avec un ton burlesque. »


_______ Ma mère me donna un coup de coude discret. Il éclata de rire, un rire cristallin.

Pas assez discret, je dirais.

_______ Elle le fixait avec désir, avec passion. Ses joues avaient rosies. Certes elle n'avait pas eu de relations sérieuses depuis un long moment, mais je ne crois pas que de se jeter dans les bras d'un inconnu soit la meilleure solution. Peut-être est-il gentil ? Je ne sais pas, je ne le connais pas après tout. Je ne vais pas tirer de conclusions hâtives.
_______ Il nous conduisit dans le salon, où une table basse garnit de petits biscuits apéritifs nous y attendaient. Il nous pria de nous asseoir sur un grand sofa rouge vif.
_______Je ne savais même pas comment s'appelait mes hôtes. Peut-importe... Je le saurais tôt ou tard.

« Les enfants ne restez pas là. Hayley, emmène Julia dans ta chambre. ordonna-t-il à son fils. »

_______ Les enfants ? Je ne suis pas asses grande pour lui ? À vrai dire je ne suis pas très grande par rapport à son fils qui lui est immense à côté de moi.
_______ Je me levais. Je ne bougeais pas, je prenais racine au milieu du salon comme une plante verte.

« Tu viens ? me demanda une voix. »

_______ Je tournais la tête en direction de l'onde sonore, je tombais nez à nez sur de grands yeux noirs. Je sursautais.

« Excuse moi, je ne voulais pas te faire peur, susurra-t-il.
_-- C'est rien. Je suis trop peureuse à vrai dire. »


_______ Je lui souris. Il me le rendit en roulant des yeux. Il partit à l'autre bout de la pièce, il commençait à monter les marches de l'escalier.

« Alors tu viens ? s'exclama-t-il voyant que je ne le suivais pas.
_-- J'arrive. dis-je en accourant vers le petit escalier. »


_______ Il me conduisait à l'étage supérieur. Il ouvrit une petite porte avec de nombreuses affiches collées. Il jeta un coup d'½il à l'intérieur avant de refermer la porte. Je le regardais et fis mine de ne pas comprendre.

« J'espère que tu n'es pas allergique au désordre ? Il attendait une réponse positive.
_-- Je crois que je vais en survivre, souriais-je légèrement. »


_______ J'avais du mal à sourire vraiment aux gens. Je ne souriais presque jamais ou en tout cas je m'y forçais.

La moindre des politesses !

_______ Je ne suis pas l'une de ces petites filles modèles catalogués dans les journaux. Je suis si commune, si banale. Qui voudrait bien de moi ?

Personne !

_______ Nous entrâmes enfin dans sa chambre. Nous nous asseyions sur son lit, parer d'une couette bleue foncée à pois blancs.
_______ Les murs étaient bleus pâles, une frise blanche entourée le mur. Au fond à droite de la pièce, trônait un bureau métallique avec un ordinateur neuf ou presque. Il était encombré par plusieurs papiers et feuilles en tout genre. À gauche, une penderie en bois poli faisait l'angle.
_______ Je réfléchissais puis une question me vint à l'esprit.

« Tu t'appelles Hayley c'est bien ça ?
_-- Oui. Je sais ce que tu vas dire : que je ne suis pas allemand. »


_______ Il avait anticipé mes paroles. À vrai n'importe qui lui aurait posé.

« Mon père m'a adopté. Je suis américain, d'une tribu indienne. Mes parents biologiques sont décédés dans un accident de voiture, poursuivit-il.
_-- Navrée. Je ne savais pas. Je baissais la tête honteuse.
_-- T'en fais pas. C'est pas grave, je ne les ai jamais connus, me rassura-t-il. »


_______ J'osais pour la première fois de le regarder en face. Il fixait le parquet ciré. Ses yeux en amande étaient remplis de tristesse. Malgré le fait qu'il soit heureux ici, je pense qu'il aurait préféré vivre avec l'amour de ses parents.
_______ Ses cheveux longs, noirs, étaient laissé à l'abandon sur ses épaules recouvrants sa nuque. Sa peau basanée était sans défauts apparents, sans une seule marque de l'adolescence. Cela me rendait jalouse, moi qui avait passé ma vie à combattre les boutons d'acnés.
_______ Il ne me restait plus que quelques misérables minuscules petits boutons de rien du tout sur ma peau blanchâtre.

Satisfaite ?
Absolument !

_______ Je me reconcentrais sur mon voisin. Ses mains tremblaient. Nerveux ? Pour quelles raisons ?

Ma présence peut-être... Ou mes questions embarrassantes et idiotes...

_______ Il se retourna vers moi et s'assit en tailleur sur son lit. Il me sourit, un air malicieux aux lèvres et un regard illuminé comme un gosse qui va faire une bêtise.

« Et si l'on parlait de toi ? ricana-t-il.
_-- Il n'y a pas grand chose à raconter tu sais... J'essayais de le convaincre car je ne voulais en aucuns cas parler de moi.
_-- Je suis sûre que cela doit être passionnant ! Il n'enlevait pas ce sourire d'amusement.
_-- C'est très long à expliquer... Je m'esquivais sans succès apparemment.
_-- J'ai tout mon temps. Il regarda son réveil ironiquement.
_-- Que veux-tu savoir ? finis-je par céder.
_-- Pourquoi es-tu venu dans un coin aussi... perdu ?
_-- Ma mère a été envoyer travailler à Magdebourg. Un vieil employé du service a pris sa retraite, expliquais-je, elle est architecte.
_-- Tu aurais pu habiter à Magdebourg. Je ne comprends pas pourquoi tu es ici. Explique-moi. Il fronça les sourcils, l'air de ne pas comprendre. Il voulait me faire parler. J'étais sûre qu'il s'en doutait de cette fameuse raison.
_-- C'est très simple ! Les appartements sont chers en ville donc la meilleure solution au goût de ma mère, c'était ici... J'avais prononcé cette dernière phrase sans entrain.
_-- Tu ne te plais pas ici, constata-t-il déçu.
_-- Il faut juste que je m'habitue, il y a une énorme différence entre Berlin, me justifiais-je en accentuant sur le mot énorme, j'ai toujours vécu à Berlin cela me fait tout drôle.
_-- Je comprends. Il sourit de nouveau. »


_______ Hayley est une sorte machine à sourire, il souriait presque à chacune de ses phrases. C'est un peu étrange à dire mais avec lui je me sens bien. Je ne le connais pas ou très peu mais je me sens à l'aise avec lui.
_______ Le silence s'installa. Il se racla la gorge pour me tirer de mes pensées.

« Tu penses à quelque chose ? me demanda-t-il par simple curiosité.
_-- Je cherchais juste un prénom qui irait bien à ton père, dis-je en me grattant la tête.
_-- Il s'appelle Marck. »


_______ Enfin je savais le prénoms du futur mari de ma mère. Futur mari ? On ne va pas se précipitait. Mais j'aimerais bien avoir un grand frère comme Hayley, un frère qui saurait m'écouter. À qui je pourrais tout confier.

Je dis bien tout !

_______ Je suis fille unique, un frère me changerait la vie. C'est certain.

« Tu as quel âge ? demandais-je.
_-- Dix-sept ans. Tu dois avoir dix-neuf ans, c'est ça ?
_-- Très juste. Tu es en seconde alors ?
_-- Oui. Toi tu es en terminale ?
_-- Oui... Je suis vieille, bougonnais-je.
_-- J'avoue. Il éclata de rire. Mais tu as déjà redoublé alors ?
_-- Oui, dis-je en rigolant, en primaire. Deux fois.
_-- Mauvaise élève, m'accusa-t-il.
_-- Pas du tout. Si j'ai redoublé c'est à cause de mes déménagements répétitifs, je n'avais pas le temps de m'habituer à une école que je devais partir. Cela m'a perturbé, lui expliquais-je. »


_______Il était plus jeune que moi. Alors ce serait mon petit frère. Il ne serait pas mon frère de sang, il serait bien plus. Du moment qu'il est mon confident.

« On est dans le même lycée ! se réjouit-il
_-- Oui, j'ai pris Littérature et toi ?
_-- Scientifique, très mauvais choix. Il fit la moue. Tu écris des textes ?
_-- Beaucoup. D'ailleurs tout ce que j'écris, tous mes textes, je ne les trouve pas terribles, avouais-je
_-- Je suis sûr du contraire ! s'exclama-t-il. »


_______Je souriais. Il avait ce don de me tirer des sourires à tout bout de champs.

Un don exceptionnel.

« Le repas est prêt ! s'égosilla son père.
_-- On arrive, répondis Hayley. »


_______Il se leva et me tendis sa main pour m'aider à me relever. Je l'attrapais, il tira, je me retrouvais sur mes deux jambes frêles.

[ . . . ]

___________Après le repas. Devant la porte d'entrée, prêtes à partir.

« J'ai passé une très bonne soirée, Marck.
_-- Moi aussi. Excellente.
_-- Que dirais-tu que je passe prendre Hayley demain pour le lycée ? Comme ça Julia ne sera pas seule pour ce jour de rentrée, proposa ma génitrice.
_-- Très bonne idée ! renchérit Marck. »


_______Je croisais mes yeux avec ceux d'Hayley et lui sourit. Il me rendait ce sourire amical par un autre encore plus radieux.

« Bonne nuit, Marck. Elle déposa un léger baiser sur sa joue.
_-- Bonne nuit, Lena. Il attrapa sa main. »


_______Elle détacha ses doigts des siens. Je fis un signe de la main à Hayley avant que la porte ne se ferme. Nous marchâmes sur le trottoir. Je levais les yeux vers le ciel étoilé. La nuit était fraîche et humide.
_______Quelques mètres plus loin, nous rejoignîmes notre demeure. La porte s'ouvrit sur un chantier de cartons, toujours pas rangés. Je montais à l'étage, faisait un détour par la salle de bain. Je m'écroulais sur mon lit, épuisé. Je pensais à la journée de demain, une nouvelle journée. Le jour de la rentrée des classes aussi.

Une journée maudite pour moi.

_______Je détestais toujours le premier jour, ce premier jour où je ne connais personne. Où je suis perdu.
_______Je commençais à papillonner des yeux. Je sentais une fatigue lourde sur mes paupières. Je les fermais pour ne les rouvrir que demain matin.
_______Demain est un autre jour.

« Bonne nuit, Julia ! »





# Posté le samedi 20 décembre 2008 13:39

Modifié le lundi 20 juillet 2009 10:14

- « Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le coeur. » Antoine de Saint-Exupéry.- Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

- « Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le coeur. » Antoine de Saint-Exupéry.- Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

_______ Je gémissais inconsciemment. Je sursautais suite à un affreux cauchemar. Je me calmais quelque peu. Je refermais mes yeux et attendais que le sommeil revienne, en vain. Une multitude de diagnostics arrivèrent pour gâcher mon repos. Je scrutais le plafond, pensive.
_______ Je tentais de déchiffrer l'heure inscrite sur mon réveil, le noir était trop profond pour que je puisse y voir quelque chose. Je tâtonnais le mur froid cherchant l'interrupteur.
_______ La lumière se répandit dans la petite pièce. Je fronçais les sourcils, aveuglée. Je finis pas regarder l'heure.

Cinq heure trente deux.
Le monde était bien silencieux, reposant.

_______ Il était tôt. Au moins j'étais matinale, pour une fois. Je sortais de la chaleur agréable du lit, prenant soin de poser le pied droit en premier.
_______ Pour mon premier jour d'école, valait-il mieux qu'il se passe bien, non ?

Certainement.

_______ Superstitieuse ? Pas du tout. Juste angoissée.
_______ Mes pieds nus se posèrent sur le sol glacé. Je frémis. Je les enfilais dans mes pantoufles. Le duvet doux me chatouilla. Je me levais péniblement.
_______ Un vertige survint. Apparemment, je m'étais levée trop rapidement. La prochaine fois, j'attendrais quinze minutes avant de me lever.
_______ Je marchais prudemment histoire de ne pas tomber, avant de retrouver mon équilibre instable. En effet, je passais la plus part de mon temps étalée sur le sol.

Avais-je deux pieds gauches ?

_______ Une malformation, peut-être ? J'étais peut-être tombée du berceau à la naissance ? Qui sait...
_______ J'ouvrais discrètement la porte de ma chambre, me glissant à l'extérieur. Je me dirigeais vers les escaliers en faisant bien attention de ne pas trébucher. Je descendais le moins bruyamment possible. Une fois arrivé en bas, je prenait le soin d'éviter tous les cartons. Je m'engouffrais dans la cuisine. Je me saisissais de la bouteille d'eau et ingurgitais tout son contenu. Je remontais dans ma chambre vide. J'ouvrais un sac sauvagement cherchant quelque chose de convenable à enfiler pour mon premier jour au lycée.

Ferais-je bonne impression ?
J'espère.

_______ Je croise les doigts en tout cas. En tout cas, je ne voulais pas y aller. De toute manière qui aurait envie de s'y rendre ? Personne.

À l'exception des masochistes, peut-être ?

_______ Se remplir la tête de milles équations mathématiques, très peu pour moi. En effet, je ne porte pas cette matière haute dans mon c½ur. Bien au contraire.
_______ Je vidais le sac sur mon lit. Je farfouillais dans mes affaires avec acharnement et détermination.

Je n'ai rien à me mettre !

_______ Le supplice de toutes les filles, je dois dire. Qui n'a jamais prononcé cette phrase de désespoir ?

Personne, je suppose.

_______ Je trouvais par mon plus grand étonnement, un haut blanc avec un jean. Quoi de plus banal ? Je fonçais dans la salle de bain, emportant aussi mes affaires avec moi. Je prenais soin d'envoyer valser mon pyjama au fond de la salle. J'entrais prudemment dans le bac de la douche, histoire de ne pas glisser. De m'ouvrir la tête et de finir enfin aux urgences avec quatre points de sutures.

Ce qui serait, on va dire, très stupide.

_______ L'eau chaude jaillit. J'eus un mouvement de recul, l'eau était vraiment brûlante. Tant pis. Je me savonnais. L'atmosphère était agréable, confortable. La chaleur était envoûtante, enivrante, réconfortante. Elle formait sur ma peau comme une carapace protectrice, invincible.
Je me sentais si bien. J'aurais aimé que ce moment dure plus longtemps mais je me forçais, à contrec½ur, de sortir de la douche.
_______ Je me saisissais de l'épaisse serviette, en prenant le soin de ne laisser aucunes parcelles de mon corps humides. Je m'habillais rapidement et me postai devant le miroir. Je m'observais, je détaillais mes traits. Des immenses cernes ornaient l'orbite de mes yeux bleus.

Je suis horrible !

_______ J'avais eu raison. Personne ne voudrait de moi. On verra bien. Je suis un peu optimiste.
Soyons réaliste, je n'ai aucunes chances face aux clubs des pimbêches du lycée ! Cette pensée m'amusa. Je me démêlais les cheveux, vite fait. Je me maquillais légèrement. Il aurait fallut une loupe pour remarquer que j'étais maquillée.
_______ Je retournais, dans ma chambre, derechef. Je tournai en rond dans ma chambre, mes yeux se posant quelques fois sur mon réveil.

Six heures quarante cinq.

_______ Quelques minutes plus tard, j'entendais les pas lourds de ma mère encore endormis dans le couloir. Je ne bougeais pas, comme tétanisée. La porte s'ouvrit lentement. Une tête se glissa prudemment.

« Je ne dors pas, bougonnais-je à peine audible. »

_______ La porte se referma pour s'ouvrit de nouveau mais cette fois-ci en plein. Ma mère s'approcha et m'invita à m'asseoir sur le lit.

« Tu as déjeuné ?
_-- Non. Juste de l'eau. Je n'ai pas faim, répondis-je.
_-- Tu as le trac, conclu-t-elle.
_-- Pas vraiment. J'ai plus peur de ne pas trouver d'amis que de cette rentrée. Pour moi ce jour il recommence chaque année, et c'est toujours la même histoire, expliquais-je amère, pleine de reproches.
_-- Je sais, admit-elle, je vais essayer de rester ici. Cela doit-être perturbant pour toi.
_-- Tu parles... Si tu restes ce ne sera pas pour moi mais pour ton Marck ! fulminais-je. »


_______ Elle garda le silence. J'avais raison, elle ne pouvait pas me contredire. Qu'es ce qu'elle pouvait en avoir à faire que je change de lycée toutes les années ? Ce n'est pas elle qui devait tous les ans se refaire des amis ou s'intégrer à un nouvel établissement. Ce genre de choses me met hors de moi même si d'ici dix minutes je me serais apaisée.
_______ Je me levais furieuse, me dirigeai vers la sortie de la chambre. Je m'empressais de sortir. Je me sentais comme claustrophobe, comme à l'étroit ici. Je prenais le soin de bien claquer la porte ce que je n'eus aucun mal à faire tellement j'étais énervée. Je dévalais les marches et arrivai en trombe dans la cuisine, je fouillais dans le réfrigérateur. Je dénichais une tablette de chocolat qui n'était pas encore entamée -- du moins pour le moment.
_______ Ce qui m'étonna le plus c'était d'avoir trouver le réfrigérateur remplis. Peut-être qu'elle était allée faire des courses en mon absence ? De toute manière, je m'en fichais. Bien que je doutais de l'infime existence d'un supermarché ici. Décidemment ce village était vraiment une catastrophe plantée au milieu d'un champ de carottes. Cette pensée apaisa et raviva ma colère. Deux sentiments si différents. D'un côté cette allusion était comique, sauf que c'était moi qui était coincé dans ce trou perdu ce qui me rendait encore plus folle de rage et qui me faisait tout à coup moins sourire.
_______ Je tentais de chasser ma colère en me bornant à essayer de penser à autres choses de plus attrayant.
_______ Mais comment Hayley faisait-il pour vivre dans un endroit pareil ? Sans magasins, ni rien ? Avait-il plus de courage à affronter ce genre de cas ? Sur ce dernier point, c'était certain. Hayley était un sujet que j'aimais et je ne savais même pas pourquoi. Peut-être car il était ma première rencontre valable et intéressente depuis mon arrivée ? Je n'en sais rien après tout.
_______ Je dégustais avidement le chocolat tout en réfléchissant. Je me reconcentrais tout juste sur mon sujet préféré quand je m'apperçut que ma réserve de cacao était vide. J'attrapais l'embalage et allai nonchalemment le jeter.
_______ Je soupirais désespéremment comme si que de vivre était ennuyeux. Je dirais plutôt douleureux. Je revenais sur mon sujet préféré. Tout de même, j'avais du mal à comprendre pourquoi il gardait les cheveux longs. Quoique cela lui donné un style particulier. Pas du tout déplaisant d'ailleurs.

_______ Soudain me vint à l'esprit la question du siècle. Est-ce que je l'aimais ? Est-ce que le fait que je pense tout le temps à lui est-il peut-être un signe ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n'ai jamais sus.
Comment pourrais-je affirmer que je l'aime en seulement un jour ? Est-ce que j'aurais eu le flash ? Le coup de foudre ? En si peu de temps ? Pourquoi lui ? Pourquoi me jetter sur le premier venu ?

Pourquoi l'amour est-il fait de doutes ?
Tant de questions sans réponses.

_______ Si seulement, quelqu'un pouvait m'éclairer sur ce point. Je n'étais qu'une grande débutante en la matière. Sur ce débat je n'avais pas été précoce. Hélas, j'aurais peut-être sus quoi faire en l'instant présent.
_______ Pourtant je n'arrivais pas à l'envisager autrement qu'un confident, qu'un frère. Je ne me visualisais pas dans ses grands bras, en train de l'embrasser. Peut-être que je n'avais jamais éprouvé ce sentiment avant, cela me déstabilisé peut-être aussi. Je l'aimais plus qu'un ami, mais moins qu'un amant. Juste de l'amour fraternel sans doute. Un sentiment si fort comme s'il ne pouvait être brisé, en étant très fragile à la fois.

_______ Je remontais à l'étage, même une tortue m'aurait dépassé. J'avançais lentement mais surement. Je me projetais contre le mur et avançai en crabe, histoire de ne pas me faire repérer trop facilement malgré le vacarme que je provoquais dès mon arrivée. Je jetais un rapide coup d'oeil dans ma chambre.

Personne.

_______ Je me détendis, en voyant la voie libre. Je m'engouffrais en courant dans la pièce réduite manquant de perdre l'équilibre -- une nouvelle fois. Je me rattrapais de justesse à mon lit. Je fouillais dans la petite commode, à côté de mon lit , cherchant mon lecteur CD en vain. Où avais-je bien pus le cacher ? Je me rappelais soudain que je ne l'avais pas déballer et m'acharnai maintenant sur les pauvres cartons que je déchiquetais comme une sauvage. Je mettais enfin la main sur ce fichu appareil vieux de quatre ou cinq ans. Il était ranger avec les CD dans le même carton ce qui me facilita énormément la tâche, je n'eus donc pas aussi à chercher le peu de disques que j'avais. Je ne me décidais pas sur le choix de la musique, rock ou pop ? J'en choisis un qui apparement devait être du hard rock ou une chose dans le genre -- qu'on avait du m'offrir, comme par erreur, à mon anniversaire. Je branchais à l'engin mes écouteurs noir délavés. Je me les enfonçais dans les oreilles le plus loin possible, je n'avais pas envie que toutes les cinq minutes un des écouteur tombe de mon oreille et que je dus le remettre. J'appuyais sur la touche Play. La musique commença en trombes, aux bruits de guitares électriques. Une voix grave vint s'ajouter au tintamarre assourdissant. Je n'aimais pas cette musique mais le temps passait rapidement.

_______ Je me rendais compte qu'il était sept heures trente cinq. J'arrachais violemment les écouteurs et me précipitais en bas. Elle m'attendait, dans la cuisine, devant sa tasse de café encore fumante.

« On devrait y aller, lâchais-je froidement. »

_______ Elle ne répondis pas, elle acquiesça juste de la tête. Je remontais à l'étage à toute vitesse visiblement heureuse de revoir Hayley. J'attrapais mon sac et redescendais aussi sec. Ma mère se leva de sa chaise et jeta le reste de café dans l'évier. Elle s'empara des clefs de la petite Volkswagen qui attendait sagement devant la maison.
_______ Je montais derrière pour être à côté d'Hayley. À peine démarrer, le véhicule se stoppa net quelques mètre plus loin. Je fixais la porte bleue. Elle s'ouvrit et je vis apparaître mon ami. Il s'était légèrement couper les cheveux, et les avait rattaché par un n½ux qui tenait à peine. Il me regarda l'air réjouit et me sourit. Il ouvrit la porte de l'habitacle et s'installa à côté de moi.

« Bonjour, dit-il joyeux.
_-- Salut, répondis-je plus glaciale.
_-- Ҫa va ? s'enquit-il nerveux par mon énervement apparent.
_-- Je t'expliquerais, chuchotais-je à son oreille pendant qu'il bouclait sa ceinture de sécurité. »


_______ Il acquiesça perplexe. Il devait sans doute se demander ce que j'allais bien pouvoir lui raconter une fois au lycée.
Ma mère n'avait pas dit un seul mot depuis notre engueulade. J'y étais peut-être aller un peu fort ? Je m'excuserais, ce soir.
_______ Le silence s'installait malgré les fois où mon voisin intervenait pour indiquer le chemin à suivre. Il fallait que je trouve un sujet de conversation -- intéressant ce serait mieux. Je réflichissais à diverses options.

« Hayley ? demandais-je timidement.
_-- Oui ?
_-- Tu croyais t'en tirer comme ça, ricanais-je. Il me regarda et essaya de comprendre sans grande réussite.
_-- De quoi parles-tu ? demanda-t-il septique.
_-- Je suis pas née de la dernière pluie ! Tu croyais me rouler dans la farine aussi facilement ? Hier nous avons parlé de moi, aujourd'hui c'est toi qui passe à la casserole ! m'exclamais-je joyeuse en retenant mon hilarité en voyant sa tête déconfite.
_-- J'en étais sûr, bougonna-t-il en soupirant.
_-- Alors ?
_-- Il n'y a rien à raconter, fulmina-t-il glacial. »


_______ Je ne l'avais pas encore vu comme ça, aussi froid et amer. Sa réaction me choqua, moi qui avait été habituée à son sourire chaleureux. Les minutes s'écoulèrent. Il daignât enfin me regarder. Il soupira.

« Désolé. Je ne voulais pas. Enfin... Je n'ai pas tellement envie de parler de moi, s'excusa-t-il piteux. »

_______ J'acquiesçais. Un mince sourire s'étira sur ses lévres, avant de s'éteindre aussitôt. Il détourna la tête et se concentra sur les épais nuages, rêveur.
_______ La voiture s'arrêta. Je respirais profondément avant de m'extirper du petit véhicule. Je lançais un regard à ma mère avant de me détouner. Mon ami remercia ma mère poliment avant de refermer la portière un peu trop brusquement. Je marchais lentement, Hayley n'eut pas de mal à me rattraper.

« Tu tiens le coup ? ricana-t-il.
_-- Très drôle, marmonnais-je.
_-- Tu verras, me rassura-t-il, ce n'est pas si terrible que ça.
_-- Si tu le dis. »


_______ Nous franchissâmes un portail vert, un peu rouillé. Nous traversâmes une petite allée entourée de murs, avant de déboucher sur une grande cour. Je m'arrêtais choquée par l'immensité de l'endroit. Voyant que je restais tétanisée, Hayley me tira par le bras. Il m'emmenait à l'autre bout du vaste terrain plat. Un bâtiment se trouvait sur la gauche -- sûrement les bureaux de l'administration.
Sous un grand préau, des centaines et des centaines d'élèves attendaient. Nous nous fondîme dans la foule. _______ Je regardais de tous les côtés, examinant chaque visage. Je n'en vis que quelques uns puisque tout le monde s'interrompit. Un vieil homme monta sur une estrade. Il commençait son discours. Je ne l'écoutait déjà plus.
_______ Mon attention -- toute mon attention -- attirée par cette personne.

« Peut-être que les anges existent vraiment... »



# Posté le mardi 06 janvier 2009 12:33

Modifié le lundi 20 juillet 2009 13:10

-« Pour donner à quelque chose le nom de beauté, il faut qu'elle vous donne de l'admiration et du plaisir . » Voltaire.-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

-« Pour donner à quelque chose le nom de beauté, il faut qu'elle vous donne de l'admiration et du plaisir . » Voltaire.-Les-yeux-pour-pleurer.skyrock.com

_______ L'ange ne me prêtait aucune attention. Je le fixais, mes yeux ne pouvant s'éloigner de lui. Les traits de son visage étaient si fins que cela en était presque irréel. Ses cheveux longs noirs étaient ébouriffés et retombaient sur ses épaules. Ses paupières étaient maquillées de noir, ce qui faisait ressortir le marron hypnotisant de son regard. Il était si fin qu'on aurait pu le prendre pour une fille mais certains de ses traits étaient trop virils pour que l'on puisse confondre. En tout cas, il était maigre, trop maigre je dirais. Il était très grand, il devait dépasser Hayley d'une bonne tête. Je me sentais ridiculement petite tout à coup.
_______ J'entendis un raclement de gorge impatient. Je me tournais vers mon accompagnateur. Hayley me fixait mécontent. Avait-il remarquer que j'étais fascinée par cet ange ?

« Il est bizarre. Il ne s'intéresse à aucunes filles. Tu ferais mieux de l'oublier, me conseilla mon ami d'un ton rude.
_-- De quoi parles-tu ? demandais-je en jouant l'innocente.
_-- De celui que tu regardes depuis tout à l'heure, dit-il amer, si tu veux un conseil tu devrais être plus discrète.
_-- Merci du conseil, lâchais-je indifférente.
_-- De rien, je te dis juste de ne pas perdre ton temps avec lui. »


_______ Pourquoi me disait-il tout cela ? Ce n'était pas ses affaires après tout. Il avait réussi à me mettre de mauvaise humeur. Je décidais d'ignorer la petite conversation inutile que nous avions eu. Je me focalisais de nouveau sur mon Apollon. Il fronçait les sourcils.
_______ Tout le monde applaudit le principale qui avait finit sa mercuriale pour notre réussite scolaire. Je n'applaudissais pas, j'étais trop occupée à scruter la moindre de ses réactions. Lui non plus n'applaudit pas, il se contenta de soupirer comme agacer par le discours ennuyeux. Apparemment il n'étais guère discipliné à en juger par son attitude et ses vêtements. Il portait une veste en cuir noir, un jean moulant déchiré et un collier en acier ornait son cou. Avais-je affaire au beau rebelle que toutes les filles voulaient ? Sans doutes.
_______ Tout le monde se dirigeait vers un grand mur blanc, des feuilles y étaient affichées. Mon ange suivit la foule -- ce qui me tira de mes rêveries. Hayley soupira et avança. Je le suivais.
_______ Une fois que la plupart des élèves se dissipèrent dans les couloirs, nous pûmes enfin accéder au mur. Mes yeux défilèrent sur chacune des fiches cherchant mon nom.
_______ Je devais me rendre en salle 3. Je regardais Hayley un peu paniquée.

« Je suppose que je dois t'accompagner ? Il leva les yeux au ciel.
_-- Oui ! Tu comptais me perdre dans les couloirs ? le soupçonnais-je. Il éclata de rire.
_-- Non, sourit-il, quelle salle ?
_-- Salle 3. Et toi ?
_-- Salle 10.
_-- Tu es sûr que ça ne te feras pas faire de détour ? demandais-je inquiète à l'idée de me retrouver seule à rechercher ma fameuse salle.
_-- Non, t'inquiètes pas. Bon alors on y va ? dit-il impatient.
_-- Oui. »


_______ Il emprunta un escalier, je faisais attention à ne pas rater une marche. Hayley avançait sûrement, lui n'avait pas besoin de regarder où il mettait les pieds. Nous arrivâmes au premier palier, il s'engouffra dans le premier couloir de droite et continua d'avancer. Il s'arrêta devant une porte blanche portant le numéro 3. Dès que je fus presque arrivée à sa hauteur -- ma lenteur l'agaçait car il tapait du pied contre le sol -- il soupira.

« C'est ici, sourit-il.
_-- Merci Hayley, dis-je joyeuse de ne pas avoir eu à chercher seule.
_-- À vos ordres, madame, ricana-t-il en imitant le salut militaire.
_-- Tu ferais mieux d'y aller, tu vas être en retard. Il hocha la tête.
_-- On se voit ce midi, dit-il enthousiaste. »


_______ Il posa sa main sur mon épaule et me sourit, l'air compatissant. Il s'enfuit à toutes jambes et emprunta l'escalier qui menait à l'étage supérieur. Il monta les marches quatre à quatre. Je le suivais des yeux en riant jusqu'à ce qu'il disparaisse.
_______ Je soupirais profondément comme pour me donner du courage. Je me décidais de rentrer après quelques secondes d'hésitation. Le professeur, debout contre le tableau, hocha la tête pour me souhaiter la bienvenue. Je fis de même, raisons de politesse. Je m'installais au fond, seule.
_______ Un à un, les élèves entraient à leur tour. Une fille s'assit devant moi. Deux de ses amies la rejoignirent, l'une s'installa à côté de la première. L'autre cherchait une place près de ses copines. Elle me toisa voyant que la chaise à côté de moi était vide.

« Je peux me mettre ici ? me demanda-t-elle en fixant la place vacante.
_-- Bien sûr, répondis-je mal à l'aise.
_-- Je m'appelle Karen. Et toi ?
_-- Julia.
_-- Tu es nouvelle ? Je ne t'ai jamais vu avant.
_-- Oui, je viens de Berlin, expliquais-je réticente. »


_______ Elle ne me posa plus de questions. Elle jeta violemment son sac sur la table avant de s'asseoir avec désinvolture sur sa chaise. Elle secoua sa tête en arrière pour écarter les cheveux de devant ses yeux. Ses boucles blondes virevoltèrent. Elle portait un jean noir et un t-shirt blanc avec des strass rouge. Elle était maquillée -- fond de teint crème, far à paupière bleu. Son visage était si enfantin qu'on aurait dit une poupée. Sa chevelure blonde frisée encadrait parfaitement les traits ronds de ses pommettes.
_______ Les dernières personnes arrivèrent. La salle était presque remplie. Le professeur ferma la porte. Il s'éclaircit la voix et se frotta les mains. Il avait à peine commencer à parler que la porte s'ouvrit.
_______ Quelqu'un fit une entrée fracassante. Mon Apollon était là, charismatique. Il passa royalement devant tout le monde sans dire un mot.

« Vous commencez admirablement bien l'année monsieur Kaulitz, maugréa-t-il.
_-- Comme toujours, vous me connaissez bien monsieur Weber, dit-il impassible de sa voix de velour que j'entendais pour la première fois.
_-- Si vous n'étiez pas l'un de mes meilleurs élèves, je vous aurai envoyé régler votre retard à l'administration, marmonna monsieur Weber.
_-- Je sais monsieur, confirma l'ange de sa voix mielleuse. »


_______ Je le contemplais, il était captivant. Ainsi mon beau rebelle était un bon élève. Je n'arrivais pas à le croire. Il était tout seul, au fond de la première rangée. Quand à moi, j'étais à la troisième rangée près de la fenêtre, ce qui me permettait de l'observer sans me faire remarquer. Karen tourna la tête vers moi puis voyant qui je fixais ainsi, elle rit.

« Il est superbe, n'est ce pas ? m'interogeat-elle sans se départir de son hilarité.
_-- Magnifique, répondis-je rêveuse. Comment s'appele-t-il ? enchaînais-je.
_-- Bill Kaulitz. Ne te fais pas d'illusions, il ne s'intéresse à personne, m'expliqua Karen en chuchottant, il est souvent seul. Ce n'est pas la première année que je partage mes cours avec lui et je peux te dire qu'il est revêche par rapport aux filles.
_-- Il est premier de classe comme l'a dit monsieur Weber ? m'enquis-je.
_-- Non. C'est juste le meilleur en littéraire et tout ce qui en fait parti. Dans les autres matières, il est plutôt le genre de garçon qui ne fais rien. Si Weber l'avait renvoyé aujourd'hui ça n'aurait pas été la première fois, mais Weber il l'aime bien, me raconta-t-elle.
_-- Merci pour les renseignements, marmonnais-je en fronçant les sourcils me forçant à sourire.
_-- De rien, ricana-t-elle. »


_______ Je savais à présent son prénom.

Je savais aussi que ma voisine était bavarde.

_______ Que cachait mon Apollon ? Il était si mystérieux que cela en avait éveillé ma curiosité. Même si la première chose qui m'avait attiré c'était son physique impérial. Après tout on ne peut pas juger les gens sur leur apparence. Il fallait que je lui parle à tout prix. Que j'apprenne à le connaître. Et tant pis si je serai déçue au moins j'aurai essayer.
_______ Je ne cessais de l'admirer encore et encore. Jamais je ne me lassais de détailler chacun de ses traits. Il était si beau, si fascinant.
_______ Une main sous sa mâchoire soutenant sa tête, il écoutait le cour avec attention. Il avait l'air de s'ennuyer. Il clignait des paupières comme pour lutter contre le sommeil.

_______ Karen s'arrêtait de temps en temps de jacasser avec ses amies pour me lancer des regards narquois. À chaque fois, elle riait de bon c½ur devant ma fascination pour l'ange. Je l'ignorais. Je n'étais pas en mesure de perdre mon temps au lieu d'admirer Bill. J'étais complètement absorber par son visage et ses expressions.

« Mademoiselle ? »

_______ Ma voisine me donna un coup de coude voyant que je ne réagissais pas -- toujours occupée à observer l'ange. Je levai la tête, monsieur Weber me toisait légèrement exaspéré.

« Comment vous appelez vous ?
_-- Julia Schneider, réussis-je à bafouiller rouge de honte.
_-- Très bien, mademoiselle Schneider, je vous prierais de vous concentrez. Et arrêtez d'admirer monsieur Kaulitz, dit-il ironiquement. »


_______ Tout le monde éclata de rire, Bill ne broncha pas. Il ne me regarda même pas ce qui me soulageât. Le feu était toujours présent dans mes joues, je me tassais sur ma chaise histoire de me faire la plus petite possible.

« Le ridicule ne tue pas... Heureusement ! »

# Posté le lundi 20 juillet 2009 11:02

Modifié le lundi 27 juillet 2009 08:43